Kinderzimmer- Valentine Goby

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éditions actes sud

217 pages

Quatrième de couverture

“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Note de Valentine Goby sur le site des éditions Actes Sud

«D’abord, il y eut cette rencontre, un jour de mars 2010 : un homme de soixante-cinq ans se tient là, devant moi, et se présente comme déporté politique à Ravensbrück. Outre que c’est un homme, et à l’époque j’ignorais l’existence d’un tout petit camp d’hommes non loin du Lager des femmes, il n’a surtout pas l’âge d’un déporté. La réponse est évidente : il y est né. La chambre des enfants, la Kinderzimmer, semble une anomalie spectaculaire dans le camp de femmes de Ravensbrück, qui fut un lieu de destruction, d’avilissement, de mort. Des bébés sont donc nés à Ravensbrück, et quoique leur existence y ait été éphémère, ils y ont, à leur échelle, grandi. J’en ai rencontré deux qui sont sortis vivants de Ravensbrück, ils sont si peu nombreux, et puis une mère, aussi. Et la puéricultrice, une Française, qui avait dix-sept ans alors. C’était un point de lumière dans les ténèbres, où la vie s’épuisait à son tour, le plus souvent, mais résistait un temps à sa façon, et se perpétuait : on y croyait, on croyait que c’était possible. Cette pouponnière affirmait radicalement que survivre, ce serait abolir la frontière entre le dedans et le dehors du camp. Envisager le camp comme un lieu de la vie ordinaire, être aveugle aux barbelés. Et donc, se laver, se coiffer, continuer à apprendre, à rire, à chanter, à se nourrir et même, à mettre au monde, à élever des enfants ; à faire comme si. J’ai écrit ce roman pour cela, dire ce courage fou à regarder le camp non comme un territoire hors du monde, mais comme une partie de lui. Ces femmes n’étaient pas toutes des héroïnes, des militantes chevronnées, aguerries par la politique et la Résistance. Leur héroïsme, je le vois dans l’accomplissement des gestes minuscules du quotidien dans le camp, et dans ce soin donné aux plus fragiles, les nourrissons, pour qu’ils fassent eux aussi leur travail d’humain, qui est de ne pas mourir avant la mort. Mila, mon personnage fictif, est l’une de ces femmes. Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière.»

V.G.

Mon avis

« Kinderzimmer » en achetant ce livre je pensais lire un livre certes sur un camp de concentration mais aussi sur les bébés qui y naissaient, je pensais dans ma naïvetée que c’est kinderzimmer était un lieu où les nazis élevaient ces bébés suivant leurs répugnantes idées certes mais qu’ils étaient très bien traités en vu d’en faire de futurs hommes et femmes forts et dignes de leur nation !

Et bien non, je me suis fortement trompée.

Le mélange de l’horreur d’un camp de concentration et de l’écriture et du style de Valentine Goby a été rapidement difficile à lire au point de vue émotionnelle.  Ce genre de lecture est toujours difficile à lire même si on en est à son énième témoignage sur cette horreur qu’est l’extermination d’être humain, l’asservissement, l’humiliation.

Là il ne s’agit pas d’un témoignage mais c’est du pareil au même, on est avec Mila, avec les femmes qui l’entoure. Le lecteur vit le quotidien abominable des ces femmes. Il y a aussi de l’espoir dans ce roman, mais si peu.

Je ne peux pas dire si j’ai aimé ou pas, avec un tel sujet c’est impossible. Mais je peux dire que cette lecture a été très instructive au point de vue historique,  une lecture très forte et extrêmement bien écrite.

j’ai déjà lu  Qui touche à mon corps je le tue     de cet auteur et je la relirai sans hésitations.

New Pal 2014 (ban)

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2 commentaires

  1. « Je ne peux pas dire si j’ai aimé ou pas, avec un tel sujet c’est impossible. Mais je peux dire que cette lecture a été très instructive au point de vue historique, une lecture très forte et extrêmement bien écrite »

    Dans un tout autre contexte, c’est exactement le même sentiment que j’ai eu en allant voir « 12 years a slave », extrêmement violent. Je ne m’attendais pas à ça, on a beau être devant une oeuvre de fiction, on est anéanti. A croire que l’Humanité est capable d’horreurs infinies… 😦

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